
OFFRE SPECIALE mars 2008 : Joseph propose à des prix très intéressants, des costumes taille 52-54 très peu portés et entièrement faits à la main par Rousseau (un des plus grands tailleurs de France). Il y a aussi deux manteaux en cashmere et un smoking blanc. C’est exceptionnel !
J’ai toujours été intriguée par cette boutique quand je passais par la rue du Pont aux Choux, et au printemps dernier je suis entrée dans ce lieu d’un autre temps. J’y ai rencontré Joseph Kergoat avec qui j’ai commencé une relation de voisinage et nous avons entamé de grandes discussions sur le métier de tailleur, les tissus, les retouches, la Bretagne...
Joseph est né en Bretagne dans le Nord Finistère. Il fait des études secondaires en pension chez les jésuites à Saint Pol de Léon. Ses parents, qui habitent à Saint Thégonnec, travaillent dans le vêtement : sa mère avait un atelier de couture composé d’une table centrale et de trois machines (donc trois ouvrières), elle coupait et fabriquait des blouses, des robes, des vestes en velours pour les habitants. Son père faisait les marchés et vendait des pantalons, vestes qui venaient de la rue Réaumur !! Joseph rêve alors de faire Saint Cyr, mais c’était sans compter sur sa mère, et il se retrouve à apprendre durant deux ans le métier de tailleur à Saint Brieuc.

Après son service militaire, Joseph arrive à Paris. Et à ce moment Juan et Victor, les deux autres tailleurs, qui travaillent avec Joseph, se joignent à lui pour me raconter comme la vie était difficile alors. Comme il fallait travailler très dur, manger peu et parfois être mal traité.
Joseph commence à travailler chez Carven, puis devient chef d’atelier chez un fabricant de costumes. Finalement il se met à son compte et crée son propre atelier (ses deux acolytes aussi). C’était le seul moyen de gagner un peu d’argent mais il fallait travailler de 7 heures à 21 heures. Il s’installe d’abord rue de Charonne puis en 1978 rue de Saintonge dans un grand local où trente ouvriers produisaient pour lui. Ses clients (Turenne Habillement…) étaient sérieux et payaient bien. Puis les prix se sont éffondrés avec l’arrivée de produits turcs, puis chinois.

Joseph s’installe rue de Pont aux Choux en 1996 (en étant passé par la rue Saint Sébastien). Aussi il ne fait plus aujourd’hui que des costumes sur mesure : des magnifiques bâtis, avec les initiales brodées à l’intérieur de la veste, des tissus fabuleux. Les clients se recrutent grâce au bouche à oreille et à la renommée qui Kergoat a acquis au fil des ans. Il faut cinquante heures pour faire un costume. Le client choisit d’abord son tissu. On prend ses mesures et il doit revenir deux ou trois fois pour l’essayage. Deux semaines plus tard le costume est prêt.
A plus 70 ans d’âge Joseph, Juan et Victor travaillent comme ils l’ont toujours fait et on a l’impression qu’il ne s’arrêteront jamais.
Nicole Bismuth

envoyer par mail