Il en a sûrement fait fondre plus d’une, et d’un, ce sourire ouvert, tout le contraire de goguenard. Ce sourire charmant, gentil, peinard, que Florent Roina porte à la plus belle des boutonnières.
J’ai rencontré ce jeune artisan dans son atelier du Marais qui sent bon l’huile à lubrifier, penché sur une antique machine pistache. Il m’expliqua en une heure son métier de « boutonniériste » (sic), à ne pas confondre avec le boutonnier qui confectionne les boutons, tandis que notre ami « boutonniériste » leur ouvre le passage en découpant les petites fentes brodées sur des habits vierges jamais portés. Tout un métier. Rare, cas unique dit-on même. Florent l’a hérité de son père, inscrit dans la précieuse lignée des artisans du Marais. Précieux, c’est le mot. Imaginez une veste à 20 000 € foutue en l’air parce que la boutonnière est de travers ! N’imaginez pas. Ils viennent tous chez Florent, l’artisan qui n’a pas l’angoisse du revers blanc et ne faillit jamais. Comptez deux ans, la colonne vertébrale pliée à 90°, le nez sur le tissu, pour devenir un bout de « boutonniériste ». Aucune école n’apprend ça.
Mais pourquoi ce titre « la plume à la boutonnière » en début d’article, vous demandez-vous sûrement ? Parce que Florent est aussi poète à ses heures. Un poète inspiré, récompensé par un prix au concours de la RATP ! Pour cet émouvant poème que voici :
« J’allais oublier l’éphémère beauté De compter jusqu’à un, Pour celui qui n’a rien. »
Couturière à vos heures ou professionnel de la confection, vous savez ce qui vous reste à faire. Laissez vos boutonnières aux mains de Florent et de Marcelle. Comptez entre 10 et 15 € la pièce (tarifs dégressifs). Vos vêtements seront toujours bien finis. Voici une liste d’autres services disponible chez lui : oeillet, broderie, oeillets brodés, anneaux pour rideaux, boutons recouverts, point puce, point sellier…

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