
Mario est né à Madrid et c’est parce qu’il y avait une orfèvrerie à deux rues de chez lui qu’il se retrouve apprenti orfèvre à l’age de quatorze ans.
En 1964, Mario vient à Paris recruté par Christofle. Il était fréquent à l’époque que ces sociétés aillent chercher des employés déjà formés et qualifiés. Elles payaient leur voyage, s’occupaient de leurs papiers et leurs cherchaient un logement. Et c’est ainsi que Mario s’installe en France où il passe douze ans chez Christofle à Saint Denis.
Puis il part travailler chez un sous traitant de Christofle, mais la société ferme rapidement. Ils se retrouve chez Boulanger à République où il travaille à la pièce (comme il est très rapide il gagne bien sa vie). Quand Boulanger déménage en Province, Mario trouve un local dans le passage qui lui permet de continuer à travailler pour lui tout en étant à son compte.
Mais quand Boulanger fait faillite, Mario cherche du travail à façon et de nouveaux fournisseurs. Il trouve finalement des bijoux à faire pour des grands créateurs et des réparations pour des particuliers ou des brocanteurs. Tout se passe de bouche à oreille. Bien sûr tout ce monde de l’orfèvrerie se connaît et il dépanne toujours Christofle ou Ercuis (ou autre) quand ces grosses sociétés ont trop de travail.
Le Petit Robert définit un orfèvre comme "un fabricant d’objets d’ornement, de table en métaux précieux, en cuivre, en étain ou en alliage". Mario, lui, définit son métier comme faire de l’assemblage de pièces d’orfèvrerie. Au départ un fondeur ou un tourneur (ex faire des seaux à champagne) ou encore un planeur (ex rendre plat un plateau) prépare la matière un peu brut (mais en forme) avec laquelle va travailler l’orfèvre. L’orfèvre va souder des poignées ou un bord avec le motif désiré qu’il aura lui même préparé. Ensuite il coupe ce qui dépasse. Il envoie son travail au polisseur pour dégrossir la pièce. Ensuite il soude une autre partie et si le travail est terminé, il l’envoie à nouveau au polisseur pour la finition. Si certaines décorations sont demandées, l’orfèvre peut faire appel à un ciseleur (repousse le métal) ou un graveur (enlève le métal). Ainsi une pièce finie, suivant sa complexité ; peut demander l’intervention de nombreuses personnes.
Dans le temps il y avait de nombreux orfèvres dans le Marais, vers République ou dans le onzième. Aujourd’hui il y en a beaucoup moins et plupart de ces artisans orfèvres, graveurs, planeurs, tourneurs.. vont bientôt s’arrêter de travailler et un bout d’histoire du quartier risque de s’arrêter avec eux.

Cela fait maintenant vingt ans que Mario travaille seul dans son magnifique atelier qui sort d’un autre temps. Et pourtant Mario n’est jamais seul. Au déjeuner il les autres. Et même si ça fait près des cinquante ans que Mario travaille on a pas envie de le voir partir à la retraite…
Mario Cendoya
Cendor
20, passage Saint Sébastien - 75011 Paris
Tél : 01 43 38 69 44

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